SON UNIVERS

Une étrange fusion

Bien des passages de ses ouvrages sont bouleversants – tant l’acuité expressive dit le sentiment quasi fusionnel qu’il eut très jeune au sein de cette « vie [qui] coulait à plein bord comme une belle eau ». Aussi bien s’agissant de l’âpreté et la beauté, si changeantes selon les saisons, de son pays d’origine et d’enfance, que des êtres, animaux ou humains, qui l’habitent.

Ainsi, dans Chantemerle, on peut se représenter ces « cinq maisons chaudes de vie » et « les vieux au lent marcher qui avaient le sens des courants profonds de la terre : […] le fil des lignes de forces qui arment ce pays » ; dans Jeudi, il souligne « sa joie ingénue de vivre libre sur la terre : le long jeudi s’ouvre devant moi comme une porte » ;

 

ou dans Hiver – saison que la maison devait particulièrement se préparer à accueillir « pour en soutenir le siège » – on trouve le subtil récit, autobiographique, de l’enfant partant à la conquête d’un monde transformé par la première neige, s’achevant sur le regard de sa mère aux « paillettes d’or dansant dans ses yeux gris ».

Camargue et Alpilles

La Camargue et les Alpilles lui proposent – selon ses propres termes – une autre « chair du monde ».

Il les restitue, aussi intensément qu’il le fit auparavant pour la montagne de son enfance, dans de très beaux textes tels De sel et de cendreCamargueLe Vin d’orage, ou encore L’Or de vivre. Deux natures de paysage, pour lesquelles « Il faut, pour apprendre ce pays et s’en faire accepter, beaucoup d’humilité et une infinie patience ».