Jean Proal

Saison de neige, de Jean Proal

La vie multiple de la neige vibre dans ces extraits tirés au fil de la lecture attentive de l’œuvre de Jean Proal par Annie Chazal.

Saison de neige, de Jean Proal

Extraits de divers ouvrages

Livret de l’AAJP
livret-4-1e-couv3La vie multiple de la neige vibre dans ces extraits tirés au fil de la lecture attentive de l’œuvre de Jean Proal par Annie Chazal.
Une vie nouvelle commence au village, une vie ralentie, serrée sur soi-même et très douce. […]
La neige inscrit dans les clairières de grandes pages blanches où l’on n’ose plus s’aventurer, puis les arbres commencent à ployer. Elle tombe sans cesse, sans répit, recouvrant tout, unissant tout, et elle pénètre au creux le plus secret des fourrés, au milieu des buissons les plus touffus. La terre s’efface.
Et Hiver – extrait de Suite montagnarde, Grand moissonneur de blé de lune

Illustré de photographies de neige d’Anne-Marie Vidal et Michel Chazal
Joli ‘livret’ de 24 pages (collection 14×14), imprimé en bleu-vert, sur beau papier sensation linear 120 gr., sous couverture de 270 gr. par Philippe Moreau, Archétype

Format 14 x 14 / papier rare / tiré à 400 exemplaires numérotés
© édition AAJP – 2015
Prix : 12€ (+ frais de port)

« Ma découverte de Jean Proal est déjà lointaine, c’était dans les années soixante, d’abord à travers Les Arnaud… L’émotion de retrouver, à travers les mots, les sensations précises et comme transcendées de mes éblouissements d’altitude, des hameaux et villages au creux de la neige et de ses métamorphoses ; j’y reviens encore sans me lasser… ». Annie Chazal, octobre 2015 (p. 4)

Extraits

La montagne est maintenant tout enveloppée de neige. Les champs descendent sans une tache jusqu’au torrent muet et, au-delà, la forêt de mélèzes, courbée sous sa charge éclatante, se voile d’ombre violette. Les jours coulent lentement sur le silence des solitudes, couleur de brume ou étincelants de neige ensoleillée. […] L’hiver et le matin exaltent la montagne. La lumière ruisselle sous le ciel brutalement bleu, s’accroche aux arêtes de glace pour rebondir en gerbes d’étincelles, allume sur la neige vierge un brasillement insensé. La terre gueule son innocence. C’est un matin de commencement, un de ces matins où la terre semble recevoir de nouveau le souffle qui l’a enfantée. L’enfant mesura de l’œil – au-dessus de lui et en regardant un peu sur la droite – la pente qui le séparait encore de ce trait de métal en fusion qui soudait le ciel à la montagne. (p. 5) Cf. in Les cloches d’Évolène & autres nouvelles, revue n°9.

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On avait beau le voir venir – chaque matin la gelée blanche et ce coupant de l’air et, là-haut, la neige descendue chaque nuit un peu plus bas – on avait beau l’espérer, il nous surprenait toujours. Un matin, la neige était là. La gelée, l’aigu de l’air, les cimes enneigées, ce n’est pas l’hiver : l’hiver c’est le premier réveil sous la neige.
On s’est couché la veille comme tous les soirs, sans un pressentiment. On a dormi d’un sommeil sans ride, comme toutes les nuits. Ce matin-là, c’est le silence qui vous réveille. […] (p. 17) in Hiver, Suite montagnarde

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Accompagnement de Annie Chazal

« Une grande part de cette œuvre s’inscrit dans l’espace montagnard vécu dans son enfance et une partie de l’âge adulte.
La neige y apparaît comme un élément important, inscrit dans le cycle des saisons, facteur de métamorphose de la nature, d’un temps à part de la vie des hommes, plus ralenti et calfeutré pour certains, porteur d’aventures pour d’autres. Temps au rythme du jour et de la nuit, durée inexorable des chutes ‘sans répit’, ‘sans cesse’, d’une métamorphose imprimée sur la vie des hommes avec la pureté et l’innocence d’une ‘lumière neuve’ posée sur une ‘terre vierge’. On assiste comme à une ‘naissance du monde’, ‘on est comme lavé par la blancheur de la neige’. » (p. 14).

Pépites de lecteurs

À la lecture de Saison de neige, je ne m’en lasse pas et durant tout l’hiver je pense que je vais chercher le roitelet à l’aisselle des branches… Félicitations et merci pour ce plaisir si doux qui m’aidera à passer notre Hiver si long.

J’ai reçu le livret Saison de Neige auquel Annie Chazal a participé : je n’ai pas été déçue ! C’est, en effet, un petit bijou de poésie. L’auteur (et modestement Annie, mais avec beaucoup de finesse d’observation et de sensibilité) décrit la neige comme on la ressent, mais avec des détails et des mots qui ne nous viendraient pas. Je suppose que c’est cela la poésie…
C’est un beau résultat qui fait mon admiration. (seule critique, il manque un petit cordon pour tenir les pages ensemble, mais chacun peut y remédier).
Je suppose que vous n’êtes pas loin de retourner observer cette neige et d’y laisser vos empreintes…

Très belle réalisation, félicitations, je suis très très content.

Ces quelques lignes pour vous remercier de votre envoi du livret numéro 4.
Comme sur vos livrets précédents, la qualité du papier utilisé, les caractères d’impression et cette encre couleur du ciel bleu des montagnes sous la neige… c’est magnifique.

Je le trouve très réussi, comme toujours, bravo !! En effet la couleur bleu convient très bien.

Blanche neige, ce livret est un bijou.