Jean Proal

Les Arnaud, de Jean Proal

L'un des plus célèbres ouvrages de Jean Proal...

Les Arnaud, de Jean Proal

 Roman

 Editions Denoël (1942)

Dans un village à flanc de montagne ne subsiste bientôt plus qu’un foyer, celui de Firmin Arnaud – qui mène une bataille contre la construction d’une route – et de son fils Noël (né de Nore, son épouse beaucoup plus jeune que lui). Firmin est l’héritier des fondateurs du village, il doit passer le flambeau à l’adolescent, sachant qu’il le condamne ainsi à vivre seul… Roman de l’épreuve de la solitude et de la lutte de l’homme contre l’hostilité de la nature et du monde. Mais il montre aussi comment le héros tire son orgueil de cette épreuve et trouve la force d’être seul contre tout et tous.

C’est le premier roman écrit par l’auteur mais paru 12 ans après (cf Les Arnaud, le livre d’un doux sauvage). C’est surtout celui qui a eu le plus de reconnaissance des lettrés et du public, qui a frôlé l’honneur du prix Goncourt.

• Cf Fanny Déchanet-Platz in Roman 20-50 n°47, juin 2009
• Cf Jacques Poirier, in Jean Proal, créateur d’humanité (APU)

Extraits

[…] C’est à ce moment juste que tout aurait pu être sauvé. J’entends bien.[…] Ça n’aurait pas refait les chaumes, remonté les murs, pansé les plaies du hameau. Ça n’aurait pas effacé cette route déjà tracée dans la montagne. Ça n’aurait pas fait qu’on retourne vingt ans en arrière, qu’on annule vingt ans de vie et qu’on puisse se pencher encore sur un nouveau-né ruisselant de lumière. Mais il y en a déjà pas mal de sauvé lorsque, sur les ruines de tout, sur les maisons écroulées, les champs ravagés, on peut se dresser, la main sur l’épaule de son fils. Lorsqu’on sent battre sous sa main le cœur de son fils et qu’on peut, tous les deux, marcher ensemble, la nuque chargée du même fardeau, avec le même rythme de pas, de cœur, de souffle et de pensée. C’est cela qui aurait pu être sauvé. Au fond de son premier chagrin d’homme, Noël venait de trouver les raisons de son attachement à son pays, de sa confiance en lui. La raison profonde, la justification de sa vie et de celle de son père. Jamais il n’a compris aussi bien son père, jamais il n’a été aussi près de lui – à le toucher de tout son long, des pieds à l’épaule, dressé à côté de lui contre tout le reste. Et jamais peut-être, comme ce jour où tout vient de s’écrouler, Firmin n’a senti le besoin de se rapprocher de son fils qui, sur un autre plan, souffre la même peine. Encore une fois, le sinistre silence, la pudeur insensée de ces hommes de la montagne ont tout perdu. Regardez-les, ces deux hommes accoudés à la table, de chaque côté de la table, dans la nuit de la chambre où danse faiblement la clarté du calen. Regardez-les tous les deux, pliés sous la même peine, déchirés par la même détresse et qui se regardent sans rien dire. Écoutez cette prière passionnée qui monte de chacun d’eux, la même prière, les mêmes mots qui s’arrêtent dans leur gorge, qui n’arrivent pas à dénouer leurs lèvres, ouvrir leurs bras. Ils sentent pourtant, ils comprennent, mais l’orgueil commande : la première chose quand on souffre, c’est de se taire. L’orgueil et la pudeur. Et l’impuissance. Ils ne savent pas. Ils ne peuvent pas. Ils ne veulent pas. Alors, quand ils sont bien sûrs que tout est perdu – tout ce qui allait être sauvé à l’épaisseur près d’un silence, – quand ils ont bien saigné, ils se lèvent ensemble, sans un mot, chacun de son côté, ils s’en vont se coucher. Il ne peut pas dans la vie y avoir beaucoup de moments comme celui-là. L’heure, la nuit, la clarté de la lampe, les ondes qu’ont propagées en vous les chocs de la vie, tout cela se concerte pour vous donner de ces moments, pleins à craquer de substance. Mais ça ne peut pas durer. En se retrouvant le lendemain matin, les deux hommes ont senti que ce moment gâché était maintenant entre eux comme un fruit pourri oublié sur l’arbre. Une gêne s’établit et pèse, mais l’aube est là, toute violette sur la montagne. Le jour est là avec sa tâche de tous les jours. […]

Presse

La Presse n’a souvent pas su recevoir l’ouvre de Proal et l’a réduit à un imitateur de Ramuz et Giono. Cependant certains ont su l’apprécier… Quelques échos d’articles parmi les très nombreux rassemblés par Proal dans son “Carnet de Presse” in A.D. 7J15 n°1.

Le Figaro 11/01/1942

VISITE A JEAN PROAL QUI DEVANT LE VENTOUX REGRETTE « LES JOURS BOUCHES ET LES NUITS AVEUGLES »

C’est dans un coin du Comtat Venaissin, devant un paysage qui rappelle imparfaitement le décor de ses livres, que nous avons rencontré Jean Proal. Mais il réside là contre son goût. Il rêve souvent, et à haute voix, de l’âpre montagne. Sa main droite joue avec une corne de chamois qui, sur la table de travail, tient l’office du presse-papier, et il n’en faut pas davantage pour nous faire revenir, si je peux dire, à nos moutons ; – Cette corne ? me dit le jeune écrivain. Un bon vieux bouc, tué justement au pied de cette Siolane qui domine mon village des Arnaud. Le socle est en marbre vert de Morin. Il vient de là-haut aussi, des vieilles carrières abandonnées. Mais pourquoi Jean Proal semble-t-il répugner à me parler de ces Arnaud, son tout dernier roman, en tant que livre ? Il se dérobe aux questions que je lui pose. Il me propose même à un moment donné, comme pour détourner ma curiosité, d’aller avec lui aux champignons « qui doivent être bons après les pluies de l’autre jour ». En faut-il de la conscience professionnelle, pour résister à une telle tentation ! je m’obstine. – Vous voulez décidément connaître le secret des Arnaud ? Eh bien, soit ! J’ai commencé d’écrire ce livre en 1926. il n’a jamais cessé de fermenter en moi depuis cette date. Le besoin de vivre dans ma montagne, ne serai-ce qu’en rêve. Le besoin de revivre ma petite enfance. – Vous avez donc vécu dans ce pays où vous aviez déjà situé vos premiers livres : Tempête de Printemps et A hauteur d’homme ? – C’est mon pays. Le pays de mes huit ans. Celui qui m’a fait ce que je suis : l’espèce de doux sauvage que vous avez devant vous. –Vous avez réellement connu Sylvain Séveran ? Firmin Arnaud ? – Bien sûr. Non pas un garçon qui pourrait être Sylvain. Non pas un homme qui serait Arnaud. Mais beaucoup de garçons, beaucoup d’hommes qui sont Sylvain Séveran et Firmin Arnaud. –Leur histoire est-elle vraie ? – Il ne faut pas chercher dans mes livres plus loin et moins loin que la vérité. Je suis un témoin et ne veux pas être autre chose. Par mon ascendance, par mon enfance, j’ai mes racines dans un pays qui n’avaient pas – au début de ce siècle – changé d’une ligne depuis le moyen âge. C’est là tout mon mérite. Ce n’est pas d’une tradition plus ou moins lointaine que je tiens mes sources. J’ai, dans mon enfance, été hanté par les histoires de derniers loups. J’ai fait la veillée d’hiver dans l’étable, à la douce chaleur des moutons. J’ai entendu gronder l’avalanche aux portes de ma maison. J’ai suivi dans la neige la trace des bêtes. J’ai voyagé en diligence. J’ai été pris par la tourmente de neige. Et j’ai vu les hommes ployer – ils ne se cachaient pas de moi, car ils savaient que j’étais des leurs – sous le poids de la montagne et de la solitude. – Oui, la haute montagne. – Ne dites pas la haute montagne. Elle m’intimide et m’écrase. Je ne suis pas un alpiniste, un décrocheur de records, un faiseur de « premières ». Cette montagne-là ne me parle pas. La mienne c’est cette zone des hautes vallées qui, sans sommets prestigieux, restent à la mesure humaine. – Et vos projets ? vos travaux en cours ? – Eh bien ! Vous voyez : ce livre qui est presque achevé : Où souffle la Lombarde (la Lombarde, c’est un vent particulier aux hautes vallées des Alpes méridionales). – Encore la montagne ? – Naturellement. Et puis, un autre manuscrit Bagarres. Non, pas sur la montagne, celui-là ! tout au moins pas les Alpes. Une récréation, avec, pour cadre, ce Ventoux que voyez par ma fenêtre. Une histoire des collines que j’ai écrite pour me reposer des Arnaud et qui devait paraître en septembre 1939… Se reposer ? Façon de parler. Son « dépaysement » est trop visible. Et pour m’en faire mieux saisir l’acuité, Jean Proal me tend une page du livre auquel il travaille. Je lis : « Car les livres qui parlent de la terre sont écrits par des gens qui en ont le regret ou le besoin ». Ailleurs, il s’exprime ainsi : « Pour lui, les jours bouchés de neige et de brume. Pour lui, les nuits sourdes et aveugles. Pour lui, le hurlement des tempêtes et la solitude sans espoir. Pour lui, l’implacable brûlure des jours d’été. Et jamais de printemps. Jamais d’automne. Jamais de crépuscule où la douceur de vivre tremble dans le ciel comme une voile. Jamais de rire de femme. Toujours tendu, toujours raidi, toujours debout – les reins arqués – pour soutenir le poids de la montagne ». Proal sourit : Je ne désespère pas d’y retourner… Un mot qui montre assez que le mot “nostalgie” n’est pas assez fort.
P.A.

Confluences,  janvier 42

Après un silence de huit ans, Jean Proal donne Les Arnaud – un autre roman de la montagne dont le sujet est prenant. […] Ce n’est pas en effet dans la hâte et l’incertitude que l’on bâtit une œuvre authentique ; et si je garde confiance en tels auteurs que je sais, depuis longtemps déjà, œuvrer en silence sur le sol, j’ai certaine méfiance à l’égard de ces écrivassiers toujours prêts à fabriquer sur commande et selon les circonstances – ces commerçants, au lieu de travailler comme si l’événement n’existait pas ou, du moins, n’apportait aucune modification à la pensée profonde de l’homme. Là, pour le lecteur, est l’écueil – et aussi pour notre littérature. Sans doute parmi cette multitude de romans du sol émergera l’œuvre de tête, celle qui n’aurait – peut-être pas – vu le jour. C’est celle-là qu’il faut reconnaître et signaler et retenir. Seulement celle –là. C’est dans cet esprit que j’ai choisi […] Mes Arnaud, épopée sobre et austère mais très sentie et grandiose. […] Il y a, certes, plusieurs façons de voir l’homme face à la terre et singulièrement devant la montagne. Jean Proal a choisi l’antagonisme de ces deux puissances. Et dans ce sens Les Arnaud sont une belle réussite. Il ne semble pas vouloir faire aimer la montagne. Il la montre, au contraire, de toute sa masse, pesant sur l’homme. Il en situe le poids – aveugle, pour lui ; il en énumère les dangers, les traîtrises, la méchanceté. Il la présente comme le monstre au-dessus de l’homme, l’enveloppent, l’attirant, le rejetant, l’épuisant, le poussant à sa propre disparition, à son suicide. Il en fait, ainsi vue, l’ennemie. Je ne critiquerai pas cette vision. Elle a, dans sa violence, une lourde signification : elle est, de la grande beauté du monde, l’ombre noire. Et il est bon de donner, parfois, à ceux qui ne savent que la douceur paresseuse de la lumière, le triste et violent spectacle de l’ombre… Il est seulement dommage que le style, malgré quelques passages de beau lyrisme et bien que de touche personnelle, n’ait pas la rigueur, l’âpreté, le dépouillement souhaitable pour une telle fresque.
Maxence Dichamp (lui-même auteur)

Les nouveaux temps, 26/01/41

On avait remarqué en son temps le roman Tempête de printemps. Je crois bien qu’avec Les Arnaud, Mr Jean Proal s’est surpassé. C’est le livre vigoureux par excellence, le livre qui fait aimer la terre et qui fait aimer l’homme. Voilà un roman simple et vrai, d’une construction parfaite ; c’est celui d’un montagnard attaché à son sol avec une obstination farouche qui atteint vite à la grandeur ; c’est le récit d’une volonté uniquement tendue vers l’effort, vers la lutte contre le rocher qui petit à petit empiète sur son domaine et qu’il faut combattre sans se lasser. Un roman qui est une belle œuvre, saine et jolie, et qui est aussi un exemple.
Marcel Espiau

Echo des Etudiants, 14/02/42

Parvenus à la cinquantième page, nous avons refermé le livre. « Encore un succédané » de Ramuz et de Giono, avons-nous pensé. Recette : atmosphère paysanne, phrases désarticulées. Images hardies, pas toujours justes. Procédé incessant de la répétition. Saupoudrer avec un soupçon de panthéisme. Nous avons repris la lecture sans enthousiasme. Eh bien ! Nous avions tort. La suite de l’ouvrage est bien supérieure au début. Les épisodes de la mort de Nore, de la venue de l’agent voyer sont traitées avec sobriété et justesse.Le personnage du vieux Firmin est bien typé. Mais les autres paraissent bien « flous » à côté de lui.Plusieurs sujets : la mort du village (c’est un peu trop « Regain » à l’envers !), la vie du vieux chef de famille, la lutte de la terre cultivable contre le rocher se chevauchent un peu. Mais l’air qu’on respire dans ce roman est pur, les gens sont nobles. Il vaut mieux avoir pour maîtres Ramuz et Giono qu’Henri Bordeaux ou Jean Cocteau, n’est-ce pas ? Quand Jean Proal se sera dégagé des influences qui le gênent, il nous donnera peut-être un grand roman, un prix Goncourt. Mais peut-être son livre sera-t-il trop bon pour avoir le prix Goncourt.
Jean Malosse

Pépites de lecteurs

Je viens de finir Les Arnaud. Impressionnant vraiment, de beauté tragique, surtout quand on sait que c’est un jeune homme qui a d’abord porté ce roman comme son tout premier ! Je trouve le style très maîtrisé, sans débordement d’aucune sorte ni dans l’intrigue ni dans la phrase : difficile, sans les premières ébauches en tout cas, d’imaginer qu’on puisse lui reprocher un “excès de richesse”.
Sylvie Vignes

Je viens de découvrir un premier livre de Proal (prêté par P. Serena) et je tiens à vous faire part de mon émotion et de ma joie à la lecture des Arnaud. D’abord relire 2 fois le 1er chapitre et 3 fois la description de la montagne, p 14, en n’en croyant pas ses yeux ! Entrer dans ce récit sobre et dense, réaliste et poétique est une grande expérience. Le lire – lentement – en étant seul dans un hameau déserté du Haut Verdon (Ondres), permet un lien sin- gulier entre fiction et réalité ! Identification aux personnages et compréhension de l’histoire passée et oubliée de ces lieux un jour abandonnés – puis redécouverts et restaurés par des vacanciers il y a un demi siècle… J’ai hâte de découvrir les autres œuvres de Jean Proal et vous remercie d’avoir une association et des membres qui font connaître de tels livres. Je souhaite donc adhérer et vous rendre visite à Forcalquier à l’occasion de mes prochaines vacances. Amicalement.
Christophe Eugène

Une écriture très serrée, très élaborée, qui par sa texture, suggère, laisse venir, se développer, exister la sensation qui emplit le cœur. Engendrement du mot par une réalité hors mots, peu ou insensiblement par le mot lui-même ou bien par les deux secrètement… Impression d’adéquation du mot à la chose, de pas un mot de trop ; aucun vocabulaire gratuitement particulier, mais de-ci de-là un terme souche, un vocable alpin, provençal. Tout ceci donne un souffle dense, une cohérence qui s’impose. L’intrigue peut se résumer en quelques phrases. La magie est ailleurs, dans ce déploiement du verbe, non à la hauteur souveraine d’un Julien Gracq, mais à l’aune de la justesse du senti, simplicité et somptuosité, unité de force et de faiblesse : humanité !
J’ai commencé la lecture des Arnaud, grâce à mon beau-frère, amoureux de la montagne et de la région évoquée par Jean Proal. Je partais avec quelques idées préconçues : relation d’un témoignage vécu, documentaire, lyrisme régionaliste etc. En fait, j’eus l’impression d’entrer dans un poème en prose avec un dialogue ou plutôt un soliloque à mi-voix, fil d’une intériorité ; dialogue réduit à l’essentiel, description minutieuse, élaborée, peu d’action, lenteur. Je m’attendais, à vrai dire, à chaque instant, au détour d’une phrase, du mot qui allait suivre, à une chute dans le sentimentalisme ou un certain pathos. Attente heureusement déçue ! Justesse et somptuosité de l’écriture maintenues jusqu’au dernier mot, moments d’intense bonheur tout au long de ce chemin de lecture. Ce fut un événement, un monument, une expérience vitale dont je garde la mémoire vive et qui m’a transformé. Merci Jean Proal, toi que je ne connaissais pas et que je viens de rencontrer ! Je ne connais pas la montagne, je ne sais pas grand-chose géographiquement des lieux réels, mais ce que j’ai aimé, c’est ton écriture. La sensation muette qui nous étreint et demeure dans l’inexprimé, le silence de deux êtres qui ne sont pas habiles manieurs de mots, tu les rends sensibles en maître des mots par l’art de la description, jamais technique, aux détails juste nécessaires pour faire subtilement avancer une narration, qui s’avère être celle d’une âme – orgueil et humilité. Revivifié, le prime élan qui nous fait nous confronter, en lutteur amoureux ou en passionné combattant avec les éléments naturels, par la tenue de ton style. Dignité de l’homme, debout à s’opposer à la difficulté, travaillant dur pour faire exister une douceur, celle toujours à rechercher de la réconciliation de son geste et du fruit qu’il suscite. Mythe fou de cet âge d’or dont le héros éveille en nous l’éperdu désir. Écriture qui accorde – instant de pure littérature – le mot et la chose devenus interchangeables, la justesse des sens si bien qu’émerge ce sens, que l’honneur de l’homme se tient, vaille que vaille, dans cet effort du silence à l’expression.
Que de prudences et de pudeurs à surmonter, mais pour une communication plus haute, pour une communion. Heureuse droiture ! Salut, l’écrivain, mon frère !
Robert Willaime

Rééditions

Editions Terradou, 1991 (épuisé)

Sablier éditions, 2008 (en rando-roman)

Livre d’artiste réalisé par Alain Taral (2013)

les_arnaud_de_jean_proal-alain_taral

Reliure : Bois de noyer, 4 charnières ouvrant sur l’arrière
Décor : Loupe de noyer, olivier et morceaux de loupes diverses
Titrage : Titre et auteur, poussés à l’oeser blanc sur le dos
Gardes : Peau velours rouge
Protection : Etui vertical en noyer
Destination : Collection personnelle
en savoir plus…