Jean Proal

Jean Proal & Georges Item, en quête de la...

Numéro spécial en hommage au cinquantenaire de la disparition de Jean Proal

Jean Proal & Georges Item,
en quête de la Camargue et des Alpilles

Numéro spécial en hommage au cinquantenaire de la disparition de Jean Proal

Revue n°13 de l’AAJP

 

Nous avons souhaité cet ouvrage, n° spécial en hommage au cinquantenaire de la disparition de Jean Proal qui donne toute sa place à une profonde, riche et quasi quotidienne amitié entre l’écrivain et le peintre Georges Item ou Chéco… Il fallait un autre visuel de notre revue annuelle et tout en couleur…

Le livre tisse textes littéraires et poétiques et œuvre picturale, inspirés du cœur des Alpilles et de la Camargue. Mais aussi des documents photographiques ou d’archives… Avec un accompagnement de réflexion, présentations, et témoignages concernant leur création et les deux amis.

Contributions de Anne-Marie Vidal, Mario et Claire Pacchiani, Annie Chazal.

Photographies © Photo Paccart ; © Fonds Jean Proal (AD 04) ; © AAJP

Livre cousu, sur papier couché satiné, impression Papergraf
Format 20 x 21 / 96 pages
ISSN 1961-3334
ISBN 979-10-95637-05-9
édition AAJP, 2018
Prix : 18€ (+ frais de port)

Un témoignage de Françoise Item

Son épouse qui a tant fait pour le faire connaître, Maison Item à Bienne.

Il est des peintres dont on peut parler de l’œuvre sans évoquer la personne. Il n’en va pas ainsi d’Item.
Hormis quelques travaux des débuts où l’influence d’un Gauguin, des expressionnistes allemands ou des primitifs italiens, masque, mais si peu, la personnalité de l’artiste, le travail pictural et graphique de celui que nous appelions Chéco est tout imprégné de son être.
Formé par le métier de lithographe, il dessinera puis gravera dans le papier la douceur et l’acuité de sa vision. Un monde tour à tour aimable et aimé, effrayant et craint, entrevu au travers de signes qui, pour lui être propres, n’en sont pas moins universels.
Quel que soit le sujet abordé, celui-ci plonge au plus secret du cœur de Chéco et c’est là, autant que par la technique maîtrisée du trait et de la couleur, que son œuvre nous attend et nous le restitue Car un métier patient, épuré dans le silence et la lumière des Alpilles en 40 ans de travail, lui a permis cette restitution ténue ou puissante de l’art où l’homme et la nature, la chair et l’esprit, se conjuguent en chant d’amour.

Article de Françoise Item, 1997

Jean Proal & Georges Item, En quête de la Camargue et des Alpilles

Une rencontre et l’Amitié…

“Soutien, tendresse, présence attentionnée… bref une amitié remarquable et constante entre Jean Proal, de vingt trois ans son aîné, et Chéco. […] Oui sans aucun doute, Jean Proal fut très conscient du génie de Georges Item, comme on pourra le mesurer dans le chapitre évoquant précisément leur correspondance. J’ai été stupéfaite en découvrant l’extrême richesse et diversité de sa palette. Je reste sidérée par l’ampleur et la maîtrise des styles, matières et contenus – aussi différents, voire opposés, dans presque toute sa vie picturale.
Amitié qui ferait écho à celle de Montaigne et La Boétie ; “parce que c’était lui parce que c’était moi” pourraient-ils dire ou écrire. Elle est d’une tessiture autre que celle, plus tard en 1958, d’Hans Hartung, déjà célèbre, et de Proal, nés la même année – d’ailleurs Jean la fera partager à Chéco. […]
Peut-être cette tendresse presque filiale pourrait se lire en écho au personnage de Sylvain, que Chéco lui rappellerait, et qu’il dit être l’expression de cette nature sauvage qui l’habitait.”

Anne-Marie Vidal p. 9 sq

L’art pour les deux amis…

Georges Item, appelé Chéco par ses amis, est un peintre suisse né en 1927 à Bienne, ville de l’industrie horlogère du pied du Jura suisse ; ses parents sont originaires des Grisons, le plus grand canton du pays, à l’est de la Suisse, un canton montagneux et agricole. Chéco est toujours resté très attaché à ses origines et il se rendait souvent dans les Grisons pour y voir sa famille et organiser des expositions. On disait de lui que c’était un montagnard, tranquille et peu bavard, amoureux de la nature, attentif aux personnes et à tout ce qui l’entoure. […]
Il écrira un jour à Proal ‘Je suis marié avec la peinture et c’est elle mon grand amour’. Un amour sans compromission qui accepte la dureté de la vie, l’indispensable que l’on ne peut se procurer. Jamais Chéco n’a accepté de sacrifier au goût du jour dans l’espoir d’en retirer de la gloire ou tout simplement de l’argent, quelles que soient les difficultés de la vie au jour le jour. Ce qui explique un peu pourquoi il n’a jamais “percé” dans le milieu parisien.
Il peint donc, il est heureux et dans ses premières peintures à l’huile, on ressent cette ‘tendresse pour la création’…”

Claire Françoise Poncet-Pacchiani p. 23 sq

“Jean Proal tout au long de son amoureux ‘métier d’écrire’, comme il disait, a placé l’art au cœur de sa vie et au nombre de ses exaltantes joies.
Ce n’est pas une rencontre hasardeuse ou seulement ponctuelle que celle qu’il a avec l’art. Il n’est pas accidentel que des artistes lui rendent hommage : livres d’artistes Farandole, avec Hartung et L’or de vivre avec Anna-Eva Bergman, portraits de lui par Item, au cinéma son roman Bagarres avec Henri Calef…
Il écrit : ‘le dessin aussi m’a fait mesurer l’injustice du monde. J’aimais dessiner – j’aime toujours, mais je ne le fais plus – je dessinais beaucoup plus d’imagination que sur le sujet”. Il dit ‘noter des paysages’…”

Anne-Marie Vidal p. 83

Photographies

De nombreuses photographies accompagnent cet ouvrage – notamment des lieux… Mais ce fut aussi une amitié entre deux couples.

Hommage à Jean Proal

“…La justesse des mots, la lumière exprimée, les saisons en enluminures précises, des personnages sans concessions. […]
Comme un frère d’émotions, j’ai aimé le retrouver plus tard, dans d’autres textes, d’autres romans, savourer ces passions retenues, souvent fatales, les souvenirs émerveillés d’une enfance, ces jaillissement fougueux de l’adolescence ; aimé ces héroïnes amoureuses et sauvages, ces femmes qui révèlent indiscrètement sa nature profonde, ces hommes, lutteurs obscurs et souvent vaincus, profondément liés à leur terre.
Et lui comme un homme coureur de vent et de sentiers,
Magnifiant les saisons, plaines et montagnes, des crêtes du Ventoux aux saveurs liquides de la Camargue,
Amoureux des femmes,
Ami fidèle et mal commerçant.
Ses mots à lui continuent à m’enserrer l’âme et le cœur, et fidèle aussi, je le garde précieusement au panthéon de mes auteurs aimés.”

Annie Chazal