Jean Proal

Au pays du chamois, de Jean Proal

Au pays du chamois, de Jean Proal

Roman

Editions Albin Michel (1948)
Au pays du chamois, Jean Proal

L’auteur y célèbre (adossé à des lectures d’études précises sur le chamois – dont celle d’Alpinus et surtout la dernière en date du docteur Marcel Couturier) avec tendresse et un grand amour admiratif la “personnalité” singulière du chamois. Cet animal de montagne vivant loin des autres et recherchant plutôt les hautes solitudes, se joue souvent des chasseurs… Proal ne cesse ici de pointer l’impatience et la maladresse de ces derniers… Ce texte est cousu du fil blanc de la protestation et de la revendication d’une charte morale, qui, à l’opposé de l’attente du lecteur naïf, souligne – telle une profession de foi, dès l’ouverture « Je ne suis pas un chasseur de chamois ».

Il s’agit là d’un ouvrage de commande faite par l’auteur Elian-J. Finbert, alors aussi directeur de la collection “scènes de la vie des bêtes”, pour les éditions Albin Michel – où paraît, en décembre 1947, celui de Marie Mauron La chèvre, ce caprice vivant (d’ailleurs, amis et grands alliés, ils se sont réciproquement dédicacés leurs ouvrages !).
Collection qui se donne pour ambition de publier des ouvrages sur la vie, la volonté, la sensibilité… la psychologie de chacun de ces animaux…

Une partie de ce texte, son cœur essentiel (ouvrage alors épuisé en 1962) sera repris par l’auteur dans Chasse en montagne – la collection d’albums dont il fut directeur aux éditons Marguerat.

Extraits

« Je ne suis pas un chasseur de chamois.
Être, dans une haute vallée des Alpes, un de ceux dont le nom se répète aux veillées du hameau […] me semble une forme valable, et enviable, de la gloire. […] Non point qu’un amour ou qu’une haine passionnée me porte – entre toutes les bêtes de chasse – vers la plus impeccablement sauvage et la mieux défendue… Mais parce que le chamois est plus et mieux qu’une bête de chasse : un symbole. Mais parce que le chasseur de chamois est plus et mieux qu’un chasseur : un homme.
La montagne est à la fois un temple et une religion. Quelques-uns, parmi les paysans, les bergers, les petits boutiquiers du hameau et du village, en sont les desservants. […]
Aux autres [autres que les “Spécialistes” qui pourraient s’attendre à des révélations pour mieux chasser], je veux simplement dire – mais j’espère qu’ils s’en seraient aperçu sans ces considérations liminaires – que ce livre est le livre d’un amoureux » (Avertissement, p 9-10)

Critiques

« Cher Monsieur, Merci d’avoir pensé à m’envoyer votre beau livre, ardent et pittoresque, sur le chamois. J’ai lu avec un extrême plaisir ces pages qui sentent la montagne et le vent, et où se combinent de si heureuse façon la vérité de fait et la vérité d’âme, – la science et l’amour.
Veuillez trouver ici, cher monsieur, avec mes compliments très sincères pour cette noble “histoire naturelle”, l’assurance de mes sentiments tout dévoués. »
Jean Rostand (18/03/1948)

Au pays du chamois « décrit les mœurs de cet animal de façon parfaite ».
Mr Urbain, directeur du muséum d’histoire naturelle (17/03/1948)

Cet ouvrage est « l’épopée de cette belle bête mais aussi un hymne à la montagne. »
Mr Georgiades, critique littéraire (21/03/1948)

« il s’est jeté [sur ce livre] comme un gosse de 15 ans sur une fille. »
Dr Bessi, un ami (22/06/1948)