Jean Proal

Jean Proal et Georges Item, en quête de la Camargue et des Alpilles

Jean Proal et Georges Item. Rencontre organisée par l'AAJP à Forcalquier...

Jean Proal et Georges Item
en quête de la Camargue et des Alpilles

du 25 juin au 7 juillet 2019

L’amitié c’est se sentir deux.
Non pas confondus mais ajoutés. Non pas ajoutés mais multipliés.

Logo-AAJPRencontre organisée par Les Amis de Jean Proal
Salle Pierre Michel
Hôtel de ville de Forcalquier

Horaires :
lundi : 10h-13h, 16h-18h
mardi-mercredi : 16h-18h
jeudi : 16h-18h
vendredi : 10h-13h
samedi & dimanche : 11h-13h, 16h-18h

Jean Proal et Georges Item en quête de la Camargue et des Alpilles

Georges Item © Paccart & Jean Proal © Hans Hartung

Extraits de textes de l’ouvrage éponyme, n° spécial revue n° 13 AAJP

Jean Proal et Georges Item en quête de la Camargue et des Alpilles

© Paccart

Leur amitié

“Un échange épistolaire, témoigne bien de la fibre de cette amitié et de la personnalité de chacun des deux ; de leur vérité qui suppose la franchise ; parfois d’autorité encourageante, de Proal envers Item (Chéco), qui dit dans une de ses lettres mon capitaine”.
Jean Proal et Georges Item, En quête de la Camargue & des Alpilles, revue n° 13, Anne-Marie Vidal p. 9

L’art de Chéco

“Aucune ‘joliesse’ chez Item, seulement l’essentiel. Et qui dit “essentiel” dit abstraction, élimination des détails pour ne retenir que la joie des formes, des couleurs, des lignes, issues de soustractions successives. Parfois s’inscrivent dans ses paysages des animaux, flamants et taureaux, comme des éléments statufiés.”
Jean Proal et Georges Item, En quête de la Camargue & des Alpilles, revue n° 13, Claire Pacchiani p. 24

Jean Proal et l’art

“Proal tout au long de son amoureux “métier d’écrire”, comme il disait, a placé l’art au cœur de sa vie et au nombre de ses exaltantes joies. […]
Il est convaincu de l’existence secrète de ponts entre Littérature ou Poésie et Art. Des artistes ou écrivains sont, en plusieurs textes ou témoignages, perçus comme “créateurs d’humanité” – ou ambassadeurs, vigiles et éveilleurs, de l’être en chacun de nous.”
Jean Proal et Georges Item, En quête de la Camargue & des Alpilles, revue n° 13, Anne-Marie Vidal p. 84

Hommage à Jean Proal, par Annie Chazal

“La justesse des mots, la lumière exprimée, les saisons en enluminures précises, des personnages sans concessions. […]
Comme un frère d’émotions, j’ai aimé le retrouver plus tard, dans d’autres textes, d’autres romans, savourer ces passions retenues, souvent fatales, les souvenirs émerveillés d’une enfance, ces jaillissement fougueux de l’adolescence ; aimé ces héroïnes amoureuses et sauvages, ces femmes qui révèlent indiscrètement sa nature profonde, ces hommes, lutteurs obscurs et souvent vaincus, profondément liés à leur terre.
Et lui comme un homme coureur de vent et de sentiers,
Magnifiant les saisons, plaines et montagnes, des crêtes du Ventoux aux saveurs liquides de la Camargue,
Amoureux des femmes,
Ami fidèle et mal commerçant.
Ses mots à lui continuent à m’enserrer l’âme et le cœur, et fidèle aussi, je le garde précieusement au panthéon de mes auteurs aimés.”
Jean Proal et Georges Item, En quête de la Camargue & des Alpilles, revue n° 13, Annie Chazal, p. 89

Des textes et des tableaux – une création tel un dialogue…

Les Alpilles

Jean Proal et Georges Item en quête de la Camargue et des Alpilles

© Paccart

Brusquement il fait moins chaud, et l’odeur de résine devient plus légère. Le parfum d’un arbre à feuilles luisantes et amères – le grand laurier de la ferme, pense Vive – traverse la nuit comme une ombre moins dense. Il n’y a pas encore la moindre clarté dans le ciel ou sur la terre, mais la qualité de l’ombre a changé. La nuit, toujours aussi immobile, est sur le point de se diluer. On peut imaginer maintenant une brise qui descendrait le vallon en bruissant sur les herbes. On peut penser à de l’eau fraîche.
Le vin d’orage, p. 159-60

La Camargue

Jean Proal et Georges Item en quête de la Camargue et des Alpilles

© Paccart

Une ligne basse, rapide comme un trait d’épure, coupait l’horizon, séparant les deux aurores qui déployaient en même temps leur magie… Il y eut alors dans le ciel un frémissement innombrable et soyeux tandis qu’arrivait le ramage doux et triste du grand volier de flamants. Le cou et les pattes tendus, rigides, mystérieux comme les signes d’une écriture inconnue sur une page claire, ailes géantes brassant lentement du noir, du blanc et du rose, les grands oiseaux étaient déjà passés et le murmure de leurs cris et de leur vol se fondait déjà dans le silence magique où baignait le monde.
In L’or de vivre, Aurore cf. Jean Proal, Anna-Eva Bergman, Hans Hartung – une amitié créatrice AAJP p. 31

Jean Proal et Georges Item en quête de la Camargue et des Alpilles

© Paccart

Maintenant le plafond de nuages semble s’être dilué dans une lueur incertaine qu’éloigne l’horizon et suscite à nouveau l’immensité sans relief. Très haut dans le ciel un souffle doit passer – on entend comme un innombrable et doux froissement d’ailes – car de pâles transparences bleutées se font jour et disparaissent pour renaître plus loin. La pleine lune qui se lève du côté des Rièges, encore invisible, dessine un halo qui se double à la lueur qui monte du plan d’eau de l’Impérial.
In De sel et de cendre, éd. de l’Envol p. 90

Jean Proal et Georges Item en quête de la Camargue et des Alpilles

© Paccart

Ainsi, dans ce désert où pas une trace de l’homme ne dure, où les chemins de l’homme se perdent dans la perspective des lignes de force, où les maisons de l’homme se rasent sous le vent comme des bêtes couchées, ainsi apparut la vie à qui sut l’espérer tout au long de la journée sans espoir. Il suffisait d’avoir confiance. C’est-à-dire d’aimer.
Il faut, pour apprendre ce pays et s’en faire accepter, beaucoup d’humilité et une infinie patience. Il faut s’y perdre, abandonner ce qu’on apporte, oublier ce que l’on sait, s’oublier. C’est encore cela, l’amour. Accepter ce qui vient à vous. Être prêt.
Combien y sont venus, qui n’ont vu qu’un ciel vide sur une eau morte et une terre déserte !
In Camargue, la Vie (éd. Marguerat puis éd. du Sablier, 2008)

Jean Proal et Georges Item en quête de la Camargue et des Alpilles

© Paccart

Le dernier vol de flamants passa, invisible dans le ciel assombri, et le doux ramage des grands oiseaux en vol se perdit dans la rumeur souveraine que fait le silence dans le désert et la nuit.
In Camargue, la Paix (éd. Marguerat puis éd. du Sablier, 2008)

Lecture en public et Vernissage

Le 28 juin à partir de 17h30 nous vous accueillerons avec plaisir à la lecture de Yves Mugler suivie du vernissage – textes de Jean Proal (notamment extraits de lettres en rapport à l’art et à Chéco et du Journal d’Al Sola).