Jean Proal

Jean Proal, au rythme des êtres et des saisons

4 NOVEMBRE 2016 à 20h30 - Jean Proal, au rythme des êtres et des saisons Rencontre & Lectures à Villeneuve (04180)...

Jean Proal, au rythme des êtres et des saisons

Vendredi 4 novembre 2016 à 20h30

Salle « L’âge d’or »
04180 Villeneuve
Tél. 04 92 76 47 35
Entrée gratuite

Rencontre organisée par les associations Autour du Clocher et les Amis de Villeneuve

Jean Proal, au rythme des êtres et des saisons

Adossés à la vie de la nature, tant en Montagne qu’en Camargue, l’enfance, l’adolescence, la vie adulte – la femme et l’homme – dans les chemins tant de leur flamboyance amoureuse que de l’épreuve de leur disparité ou des malentendus.

Une présentation de l’auteur et de son parcours d’écrivain, des lectures d’extraits de nouvelles ou romans, de textes plus intimes de sa correspondance vous seront proposées.

Avec la participation de Anne-Marie Vidal et Yves Mugler, membres de l’association des Amis de Jean Proal
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Yves Mugler / Anne-Marie Vidal

Le jeu cruel de Jean Proal lu par Yves Mugler (extrait)

Une présentation de l’association AAJP accompagnera la rencontre avec la présence des publications liées à l’auteur.

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Extraits

“C’est un pays où le roc dessine d’aussi justes vagues que la mer et se hausse, de crête en crête, en de si justes proportions, un élan si retenu qu’il fait penser à la sagesse.
C’est le pays de la pierre calcinée, de l’arbuste réduit à son essence, de l’herbe desséchée, de l’insecte craquant. Le pays où l’implacable lumière a effacé toute ligne qui pouvait être molle, toute surface qui pouvait être tendre.
C’est un pays où lumière ne veut pas dire couleur, où simplicité ne signifie pas pauvreté, où le silence n’est pas le vide, où le dépouillement n’est que subtilité et intérieure richesse.
C’est le pays où la roche vit du même souffle que le ciel, où les plantes et les bêtes ressemblent facilement à des cailloux et où les pierres, sous la changeante et fine lumière, prennent facilement le duvet du fruit mûr.
Un pays sans eau, mais qui ne la regrette pas, tout désaltéré par cette limpidité qui le baigne.”
In Jean Proal, Anna-Eva Bergman, Hans Hartung – une amitié créatrice, AAJP

Hiver
“On avait beau le voir venir – chaque matin la gelée blanche et ce coupant de l’air et, là-haut, la neige descendue chaque nuit un peu plus bas – on avait beau l’espérer, il nous surprenait toujours. Un matin, la neige était là. La gelée, l’aigu de l’air, les cimes enneigées, ce n’est pas l’hiver : l’hiver c’est le premier réveil sous la neige.
On s’est couché la veille comme tous les soirs, sans un pressentiment. On a dormi d’un sommeil sans ride, comme toutes les nuits. Ce matin-là, c’est le silence qui vous réveille. Et peut-être la qualité changée du jour qui entre dans la chambre.”
In Saison de neige, AAJP

“Pour Hélène, le temps ne compte pas. Elle s’est si bien identifiée à ce pays qui ne vit que de la vie fluide des éléments, ce pays où les mesures humaines n’ont pas de sens, qu’elle vit dans une sorte de présent continu et indistinct. Les souvenirs de son enfance, ceux de sa vie de jeune femme, se mêlent et se confondent. Tout ce qu’elle a fait, tout ce qu’elle est et, peut-être même tout ce qu’elle a lu, vit en elle de sa vie présente comme vivent en même temps, suscités par un geste unique, le morne désespoir de la veille et l’exaltation de cette aube. Elle est en même temps l’un et l’autre.”
In De sel et de cendre